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Un crédit d’impôt pour attirer les studios étrangers

Le tournage du film «Marie-Antoinette» de Sofia Coppola, en 2005, à Versailles.

Le tournage du film «Marie-Antoinette» de Sofia Coppola, en 2005, à Versailles.

Un dispositif fiscal, voté au Parlement, introduit un abattement fiscal de 20% des dépenses de production réalisées en France.

Les professionnels du cinéma peuvent se frotter les mains. Mercredi, le Parlement a adopté, dans le cadre de la loi de finances 2009, un crédit d’impôt international qui introduit un abattement fiscal de 20% des dépenses de production réalisées en France. Pour en bénéficier, une production étrangère devra dépenser au moins un million d’euros sur le territoire français, avec un plafond est fixé à 4 millions d’euros. «En 2008, les dépenses de production étrangères n’ont représenté que 3,7 millions d’euros sur quatre tournés en France, ce fut une année catastrophe !» explique Thierry de Segonzac, président de la Fédération des industries du cinéma, de l’audiovisuel et du multimédia (Ficam). En raison d’une production trop coûteuse, Woody Allen a par exemple décidé de mettre entre parenthèses un projet de tournage.

Selon la Ficam, ce crédit d’impôt «s’inscrit dans l’esprit des systèmes incitatifs existants en Europe» adapté «au des productions étrangères, notamment américaines.» «20% de la production américaine se délocalise à travers le monde, les films américains représenteront donc 90% des retombées de ce crédit d’impôt pour le secteur», explique Thierry de Segonzac. En 2008, la France a perdu «plus de 100 millions d’euros», poursuit le président de la Ficam. Ainsi, une scène de Casino Royal qui aurait dû se dérouler à Toulouse a été tournée en Tchéquie. De même, le château de Pierrefonds retenu par les producteurs de Narnia 2 a finalement été recréé à Prague.

Des recettes fiscales supérieures aux dépenses

Pour la Ficam, cette mesure de «bon sens» devrait ainsi rapporter deux fois ce qu’elle coûte pour les finances publiques : environ 20 millions d’euros. Dès 2009, cette incitation fiscale générerait une croissance de plus de 100 millions d’euros, et jusqu’à 200 millions en 2010 et 250 millions en 2015. Toujours selon la Ficam, cet «objectif de croissance produira en France 480 journées de tournages étrangers (contre 120 aujourd’hui) et 165 000 journées de travail pour les intermittents du spectacle. Clou du spectacle, alors que deux touristes sur trois décident de leur destination par les images vues à la télévision ou au cinéma, les productions internationales qui se dérouleront en France devraient doper l’arrivée de nouveaux visiteurs. Les retombées économiques induites (hôtellerie, restauration, etc.) se chiffrent ainsi à 300 millions d’euros. Woody Allen pourrait donc enfin tourner son projet de film en France. «Un film avec Jackie Chan, un film de guerre australien, un film de vampires pour la Paramount et une comédie pour Disney» sont déjà des projets qui pourraient être tournés en France, selon Thierry de Segonzac. Ces films rapporteraient à eux seuls 100 millions d’euros. L’équivalent des retombées espérées pour l’année 2009.

Source : lefigaro.fr

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