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On parle de lui

  1. Interview de Bruce Lee par Pierre Berton
  2. Bruce Lee par Jesse Glover
  3. Bruce Lee par Linda (sa femme)
  4. Bruce Lee par Chuck Norris
  5. Bruce Lee par Jackie Chan
  6. Bruce Lee par Van Damme
  7. Bruce Lee par Jim Kelly
  8. Bruce Lee par Steve Mc Queen

1. Interview de Bruce Lee par Pierre Berton

Pierre Berton En octobre 1971, l’Occident savait peu de choses sur Bruce Lee, et encore moins sur ses films de kung fu. Mais dans le monde asiatique, Bruce Lee était en train de ré-écrire une manière de faire des films de kung fu. II démontrait également qu’on pouvait gagner beaucoup d’argent si l’on savait faire un bon film avec l’homme qu’il fallait. Qu’il s’agisse des quartiers chinois de New York, de Londres et de France ou des denses communautés chinoises de Singapour, de Malaisie et de Thaïlande, Bruce Lee leur avait tourné la tête à tous, avec son premier film, « Big Boss ».

Entre en scène Pierce Burton. Burton, un reporter canadien, avait vu cet étrange phénomène qui se passait dans son pays. Toutes les communautés chinoises parlaient de Lee Siu Loong, le Petit Dragon Lee. Aussi décida-t-il d’agir. II prit I’avion pour Hong Kong et rencontra Bruce Lee pour une interview exclusive. Exclusive, non parce que Pierce avait quelque chose de particulier, mais parce qu’il était le seul Occidental sur la planète à avoir pressenti que quelque chose de grand, voire de magique, était en train de se passer à Hong Kong. On mit un studio de télévision à leur disposition et Pierce Burton eut un entretien seul à seul avec Bruce Lee.

« Lorsque j’obtins cette interview avec Bruce Lee, se remémore Pierce Burton, il n’y avait pas de télévision en couleur à Hong-Kong. Mais Bruce pourvoyait à la couleur. II avait 32 ans, il était une star et jouissait d’un immense succès en Chine, c’était un maître ès Arts martiaux, il avait joué le coup de pied latéral de la série télévisée américaine  » Le Frelon Vert  » dans le rôle de Kato, le justicier masqué. II essayait alors de décider s’il retournerait au non en Amérique, non pour inculquer les arts martiaux aux stars de cinéma, mais pour en devenir une lui-même. Je me souviens de ce qu’il me dit à propos de Kato, qu’il avait obtenu le rôle parce qu’il était le seul Chinois capable de prononcer le nom du héros. »

Après avoir ri de cette anecdote avec Burton, Bruce avait poursuivi la conversation, en expliquant comment il entrevoyait sa situation – présente et future.

Lost interview - Bruce Lee et Pierre Berton

Bruce : Et vous savez, c’est un fichu nom, mon vieux (il se référait a Britt Reid, le nom de l’acteur vedette du « Frelon Vert »). A l’époque, à chaque fois que je prononçais ce nom, je le faisais extrêmement consciencieusement. C’est vrai. C’est un autre point intéressant. Mettons, si vous apprenez à parler chinois…

Burton : Oui…

Je veux dire… C’est très… Ce n’est pas difficile d’apprendre à prononcer le mot. La difficulté, elle se trouve derrière le mot, c’est I’expression, ce sont les sentiments qui s’y cachent. C’est comme quand j’arrivais pour la première fois aux Etats-Unis, j’ai regardé le Caucasien, et je n’ai vraiment pas compris s’il était réellement en colère au s’il faisait semblant, parce que nous avons des façons différentes de réagir. Là est la difficulté, voyez-vous.

C’est presque comme si vous vous trouviez en face d’un individu d’une autre planète pour lequel un sourire n’a pas la même signification que pour nous. En fait, un sourire n’est pas toujours perçu de la même façon, n’est-ce pas?

Bien sûr que non.

Oui, je viens juste d’y penser. On dit que le secret de votre succès dans ce film, Big Boss, – c’est un tel succès ici, cela vous a rendu célèbre du jour au lendemain en Asie – on dit que le secret de votre succès vient de ce que c’est vous qui vous battez. En votre qualité d’expert en arts martiaux chinois, que pensez-vous des combats que vous avez vus dans les films avant que vous ne deveniez une star?

Bien, je pense qu’au début, je n’imaginais pas du tout que ma pratique des arts martiaux – passée et présente – me conduirait à cela (Là, Bruce s’interrompit en riant).

Je sais.

Mais pour commencer, je dirai que les arts martiaux ont une très profonde signification dans ma vie, car tout ce qui m’a fait ce que je suis: l’acteur, l’artiste en matière de combats, l’homme, c’est aux arts martiaux que je le dois.

Peut-être, pour notre public, qui ne sait pas ce que cela signifie, pourriez-vous expliquer ce que vous entendez exactement par arts martiaux?

Parfaitement. Les arts martiaux englobent tous les arts de combats tels que le karaté.

Le judo?

Oui, le judo, le kung fu chinois ou la boxe chinoise, comme vous l’entendez, tout cela, voyez-vous, comme l’aikido, taekwondo, et ainsi de suite. Mais c’est une forme combative de lutte. Je veux dire, ce n’est pas… Certains d’entre eux sont devenus des disciplines sportives. D’autres non, ou pas encore. Ils consistent, par exemple, à frapper l’aine, à planter ses doigts dans les yeux de l’adversaire et d’autres choses comme cela.

Parlez-moi de la grande casse quand vous avez joué dans Longstreet.

Ah, nous y voilà…

Je dois dire à nos lecteurs que Bruce Lee a eu un petit rôle, un rôle secondaire, dans la série de Longstreet, mais qui a eu un énorme effet sur le public. Qu’est-ce que c’était ?

Bien, vous savez, cet épisode bien précis de Longstreet s’intitulait: La voie du poing qui intercepte. A présent, je pense que ce qui a fait son succès, c’est parce que c’était Bruce Lee qui jouait.

Vous-même.

Oui, moi-même. Et ce rôle, je l’ai joué naturellement. J’étais « moi ». Et c’est grâce a cela que j’ai recueilli de bonnes critiques, comme celle du New York Times, qui a dit: « Le Chinois, qui s’est montré suffisamment convaincant pour se voir attribuer une série télévisée », et ainsi de suite.

Vous souvenez-vous de ce qu’a écrit Stirling Silliphant? Les passages majeurs?

C’est un de mes élèves, vous savez!

Lui aussi ?

Oui. (Bruce rit).

Vous avez eu tout le monde comme élèves! (Là, Bruce rit de plus belle). Mais vous avez écrit, il y avait là quelques lignes qui exprimaient votre philosophie. Je ne sais pas si vous vous en souvenez au non.

Oh, je m’en souviens. J’ai dit…

Allez-y.

Bon. D’accord.

Vous parlez à Longstreet, joué par James Fransiscus…

J’ai dit: « Fais le vide dans ton esprit. Sois sans forme, sans consistance, comme l’eau. A présent, tu mets de l’eau dans une tasse, elle devient tasse; tu mets de l’eau dans une bouteille, elle devient bouteille; tu mets de l’eau dans une théière, elle devient théière. Mais l’eau peut couler, ou elle peut bouillonner. Sois comme l’eau, mon ami. » C’est ce que j’avais dit. (Bruce fait encore entendre un petit rire).

Je vois. J’ai compris l’idée force qui est derrière. Maintenant, il y a deux choses: la première, c’est qu’il y a de fortes chances pour que vous obteniez une série télévisée américaine intitulée « Le combattant ». Là, vous pratiquez les arts martiaux…

Oui…

Dans un cadre Western ?

ça a été l’idée à l’origine.

Oui.

Maintenant, Paramount – vous savez que j’ai fait Longstreet pour Paramount – Paramount me veut pour une série télévisée. D’autre part, la Warner Brothers me veut aussi pour une autre. Mais les deux me veulent dans une sorte de production modernisée. Ils pensent que la notion de Western est cuite, alors que je veux…

Vous voulez jouer dans le Western, n’est-ce pas ?

Oui… parce que, comment pouvez-vous autrement justifier tous ces coups et cette violence, si ce n’est dans l’époque de l’Ouest. Je veux dire, de nos jours, vous ne pouvez pas flâner dans la rue en frappant, en cognant les gens. Parce que, si vous le faites… (Bruce simule le geste de sortir une arme de sa veste et de tirer).

Oui.

C’est comme ça. Je n’ai que faire que vous soyez un brave type, vous voyez.

Mais c’est vrai aussi dans le théâtre chinois, qui est surtout un théâtre costumé. Là, il y a toujours plein de sang.

Oh, vous voulez dire ici?

Oui.

Bon, malheureusement. J’espère que le film dans lequel je joue expliquera le pourquoi de la violence. Qu’elle soit juste au non. Mais malheureusement, les films ici – la plupart d’entre eux – sont faits principalement pour l’amour de la violence. Vous voyez ce que je veux dire: 30 minutes de combat, 50 coups…

Je suis sidéré que vous soyez revenu à Hong-Kong, à la veille de votre consécration à Hollywood, rempli de succès et soudainement, par la grâce d’un film. Vous devenez une super star, tout le monde vous connaît, vous devez changer votre numéro de téléphone, vous êtes assiégé dans la rue. Maintenant, qu’allez-vous faire? Pourrez-vous mener votre vie dans ces deux mondes? Allez-vous devenir une super star ici, au aux Etats-Unis, ou aux deux endroits ?

Bon. Laissez-moi vous dire que, premièrement, le mot « superstar » ne me plaît vraiment pas et je vais vous dire pourquoi. C’est que ce mot de « star », mon vieux, c’est une illusion. C’est un terme que le public vous donne. Or, c’est en tant qu’acteur que vous devez être jugé. Vous serez très heureux si quelqu’un vous dit: « Monsieur, vous êtes un acteur formidable ». C’est beaucoup mieux, croyez-moi, qu’être consacré « star »…

Mais vous devez admettre que vous êtes une star… Vous n’êtes pas… si vous ne me dites pas ce que vous pensez…

Mais je pense ce que je dis, honnêtement. Oui, j’ai eu un gros succès.

Oui.

D’accord. Mais j’estime que le mot star est… Je ne me considère pas comme une star. Vraiment pas. II faut me croire quand je dis ça, mon vieux.

Oui.

Je ne le dis pas parce que…

Où voulez-vous en venir? Revenons à nos moutons.

D’accord. (Bruce fait entendre un petit rire).

Allez-vous rester à Hong-Kong et devenir célèbre, ou allez-vous partir aux Etats-Unis et devenir célèbre, ou allez-vous essayer de tirer parti de ces deux possibilités et d’en bénéficier, au mieux pour chacune d’elles ?

Je veux profiter des deux. Parce que, voyez-vous, j’ai déjà réfléchi qu’aux Etats-Unis, il faut montrer les facettes de l’Orient – je veux dire de l’Orient véritable.

C’est sûr qu’Hollywood ne le fait pas !

Vous pouvez le dire, mon vieux! On montre toujours des silhouettes adipeuses, des nattes, des yeux bridés et tout à l’avenant. Or, j’estime que ce n’est pas du tout ça.

Est-il vrai que vous avez été le premier, que pour votre premier travail, on vous a fait passer pour le premier fils de Charlie Chan ?

Oui, son premier fils, oui. (Les deux hommes rient).

Ils n’ont pas fait un film ?

Non, non. Ils se proposaient d’en faire un, une nouvelle manière de James Bond à la chinoise.

Oh, je vois.

A présent, vous savez, le vieux Chan est mort, Charlie aussi; et son fils continue.

Oh, je vois. Mais ils n’ont pas fait cela.

Non. Batman est arrivé, vous savez. Parce que…

Oh, c’est vrai.

Et alors, tout a commencé à devenir, vous savez, cette sorte de…

« Frelon Vert ».

Oui.

Dans lequel vous avez joué. Mais est-ce que…

Au fait, je dois dire que j’ai fait un travail atroce là-dedans, je dois le dire…

Vraiment ? Vous n’avez pas aimé votre personnage ?

Oh, si.

Je ne l’ai pas vu. Mais j’ai-merais que vous me parliez des problèmes auxquels vous avez dû faire face en tant que héros chinois dans une série américaine. Est-ce que les gens de la profession ne sont pas venus vous dire: « Nous ne savons pas comment le public va accepter un non Américain » ?

Oui, ce problème a été soulevé. En fait, c’est toujours en pour-parlers. Et c’est pourquoi « le combattant » ne va probablement pas sortir.

Je vois.

Vous voyez. De telles réactions, ça existe là-bas, comme, je ne sais pas, dans certains coins du pays, n’est-ce pas, où l’on considère que du point de vue affaires, c’est risqué. Et je ne les blâme pas. Au fond, c’est comme à Hong-Kong. Si un étranger arrive et devient une star, si j’étais le producteur, je me soucierais probablement de savoir si… Mais c’est bien. Parce que si vous vous exprimez en tout honnêteté, le reste importe peu, pas vrai ? Parce que…

Etes-vous… Quel est l’autre côté de la médaille? N’êtes-vous pas passablement dans le vent, passablement américanisé, n’êtes-vous pas trop occidentalisé pour un public oriental ? Qu’en pensez-vous ?

Oh, mon vieux (Bruce émet un léger gloussement), j’ai été… on m’a critiqué à ce sujet.

Ah bon? Cela ne m’étonne pas.

Oui, c’est vrai. Mais laissez-moi vous dire. Si je joue dans un film chinois, je fais de mon mieux pour ne pas paraître trop américanisé. Comme vous le savez, je me suis adapté à cela pendant mes douze premières années. Mais si je retourne aux Etats-Unis, c’est le contraire qui se produit, vous voyez ce que je veux dire ?

Vous êtes trop exotique, pas vrai ?

On essaie de me faire faire trop de choses pour le plaisir d’être « exotique »…

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2. Bruce Lee par Jesse Glover

Jesse Glover et Bruce Lee « L’autre jour, j’eus une discussion intéressante avec un ami au sujet de Bruce Lee et des choses que j’avais apprises de l’Homme. Au cours de la conversation, j’énumérais la plupart des facteurs qui avaient, je pense, fait de lui ce qu’il était.

En premier, il avait le don de simplifier, de trouver l’essence première de quelque chose de complexe. En second, il y avait sa rapidité naturelle à se mouvoir et son don pour imiter physiquement chaque mouvement qu’il voyait. En troisième, il y avait la motivation qui le guidait dans sa pratique : la crainte et le désir d’être le meilleur ; la crainte qu’il puisse un jour rencontrer une copie de lui-même qui serait plus grand, plus fort et plus rapide, et il savait que s’il devenait le meilleur, pareille chose ne risquait pas d’advenir. La quatrième qualité qui le porta à la grandeur ce fut son don d’être à la bonne place au bon moment.

Il commença l’apprentissage des arts martiaux à l’âge tendre où l’on est impressionnable, à la grande époque du Wing Chun. Ses instructeurs faisaient partie des meilleurs combattants de cet art et sa présence à certains de leurs combats de rue lui donnèrent une vue pratique d’où il voulait aller et du chemin qui l’y mènerait.

En dernier lieu, ce qui le conduisit à la grandeur était d’être arrivé en Amérique à une époque où les arts de combat de l’Extrême Orient étaient encore inconnus du grand public. C’était le moment idéal pour un jeune expert en arts martiaux comme Bruce, venant d’un des systèmes de combat le plus progressif comme le Wing Chun. Il parlait souvent du Wing Chun comme si c’était une compilation des meilleures techniques des systèmes durs et souples. En combinant tous ces facteurs avec une bonne dose de chance, vous avez l’explication de ce qui rendit Bruce célèbre.

Lorsque Bruce retourna aux USA en 1959, les arts de combat étaient mal représentés dans ce pays. Ceux qui retenaient l’attention du public étaient le ju-jitsu, le judo et l’aïkido. Dans chacun de ces arts, il y avait une forte adhésion au diktats du passé. En d’autres termes, il fallait remplir plusieurs formalités pour être accepté dans l’un d’entre eux. En premier lieu, il y avait le processus d’évaluation auquel chacun devait se soumettre, suivi par une série de règles régissant la conduite, à la fois dans l’école et dans la rue. Le combat était interdit et le respect envers le professeur et l’art était de la plus haute importance. Telle était la situation dans laquelle Bruce se trouva. Ce qu’il ressentit alors fut comme une sorte de vague rebellion. De son propre aveu, il venait de quitter une situation d’étudiant à Hong Kong qu’il jugeait étouffante à cause de la lenteur de la transmission du savoir. Dans son esprit, cette situation qu’il avait laissée à Hong Kong était semblable à celle qu’il découvrait aux USA. C’était une situation qui exaspérait beaucoup de ceux qui aspiraient à pratiquer les arts martiaux. Bien qu’il soit exact que tout le monde ne veut pas dans ce pays raccourcir le cursus d’enseignement, un grand nombre de gens le font et c’était sur ceux-là que Bruce allait avoir une plus grande influence. Bruce Lee devint le porte-parole d’une approche non-traditionnelle dont le mot d’ordre était : « N’utilise que ce qui marche et prends-le où que tu le trouves« . Ce que la plupart des gens ne réalise pas, c’est que même pour Bruce c’était un processus qui évolua sur plusieurs années. Pendant les deux premières années que je l’ai connu, Bruce était un individu à la double personnalité, qui parfois s’extasiait sur les qualités des différents styles de kung fu au fil d’une conversation, pour les démolir à une autre occasion. En y repensant, il est facile de voir que Bruce Lee était jeune et inexpérimenté dans sa connaissance pratique des autres arts martiaux, et de sa propre expérience en Wing Chun il extrapolait qu’il existait une semblable hiérarchie dans tous les styles de kung fu. Pendant cette période des années soixante, Bruce a voyagé en Californie et au Canada pour observer et discuter avec des maîtres de kung fu. Souvent, ses visites se soldaient par une réaction réticente de la part de ces derniers, réaction assez naturelle si l’on considère son âge et son manque d’élévation dans la communauté du kung fu. A chaque fois cependant qu’ils lui permettaient de les regarder travailler ou qu’ils lui montraient une technique, Bruce se rendait tout de suite compte de la façon de la rendre plus efficace – ce qui le rendait rarement sympathique à ses hôtes. Plusieurs expériences de cette sorte le renforcèrent dans sa certitude que la quasi totalité de ce qui était enseigné en matière d’arts martiaux était en fait bien peu efficace.

Gardez présent à l’esprit que, durant toute cette période, Bruce s’entrainait au moins 40 heures par semaine. Il était à l’apogée du développement de son art et ses actions le prouvaient. Plus il se perfectionnait, moins il se souciait de la tradition, et il le répétait à chaque fois qu’il en avait l’occasion. Ses mots faisaient vibrer la corde sensible de ceux qui avaient subi le carcan de la tradition. Ils se retrouvaient face à un homme qui osait dire ce qu’il pensait et dont les actions prouvaient la justesse de ses propos. Sa réputation allait croissant et les gens affluaient à son appel tel le joueur de flûte.

Ce qu’il préconisait pour les masses était au moins vrai pour lui, et il le démontrait aisément. Le problème réside dans le fait que ses théories étaient étayées sur des connaissances que les masses ne possédaient pas. Peu de gens avaient le potentiel physique et l’expérience qui faisaient que les idées de Bruce marchaient. Bruce ne montrait au large public que le sommet de l’iceberg, pas la base, cachée, qui était beaucoup large.

Les arts martiaux traditionnels étaient destinés au combat, et leur efficacité reposait souvent sur les exigences de l’époque à laquelle ils avaient été utilisés. Souvent une ambiance de mystère entourait ces arts, car si l’on propageait trop leurs principes de base, on risquait de les rendre inefficaces contre d’autres arts. Cette situation prévalut jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, et au début du XIXe il y eut un mouvement tendant à vulgariser certains de ces arts orientaux et à les rendre moins dangereux afin qu’ils puissent être pratiqués par les masses. Ils devinrent plutôt des sports qu’une manière de tuer ou de battre ses ennemis – évolution qui n’a pas plu à tout le monde -. La plupart des techniques les plus efficaces furent supprimées ou édulcorées. Mais certaines écoles choisirent de ne rien changer et pratiquent aujourd’hui encore leurs techniques originelles, développant la dextérité à tuer ou à estropier ses ennemis. Ces arts sont moins connus que les autres parce qu’ils choisirent de rester fidèles à leurs principes de base. L’une des exigences requises pour apprendre ces arts est de pratiquer de façon intensive, pendant une période appropriée. Vous ne pouvez pas les apprendre du jour au lendemain, ni sans effort. Il serait fou d’imaginer qu’un adepte des techniques de Bruce puisse les appliquer contre un adversaire coriace sans développer sa capacité physique à se mouvoir rapidement et à riposter par des coups de pieds et de poings puissants. Jesse Glover

Lorsque je rencontrai Bruce pour la première fois, il orientait ses recherches vers le développement de méthodes de combat, et non des techniques destinées à tuer. Apprendre à tuer est différent d’apprendre à combattre. La plupart des gens rejettent l’idée de tuer, parce qu’on leur a appris à ne pas penser en ces termes, et la plupart des pays ont des lois qui prohibent le meurtre en toutes circonstances. Ceux qui développent des méthodes destinées à tuer doivent être considérés comme des gens qui envisagent le combat sous sa forme la plus réaliste : mort et destructions. Les soldats en font partie. Ils s’entrainent à maîtriser les techniques meurtrières les plus efficaces, car plus elles seront efficaces, plus ils gagneront des batailles, et plus longtemps ils vivront. Peu d’artistes martiaux raisonnent dans les mêmes termes, principalement parce qu’ils ne ressentent pas le même besoin vital de développer leur aptitude à tuer (tuer pour ne pas être tué). Bruce insinuait toujours qu’il fallait apprendre à considérer ses ennemis comme des tueurs potentiels, mais il ne préconisait pas comme moyen de self-défense de devenir un tueur potentiel. Il y a peu de doute dans mon esprit que Bruce était capable de tuer, mais c’était une conséquence de sa technique d’entraînement au combat. La vitesse et la puissance de ses coups de poings et de pieds pouvaient tuer à la longue, un peu comme un boxeur qui coince son adversaire dans les cordes et continue à le frapper après qu’il soit incapable de riposter ni même de se défendre. Dans le passé, cette focalisation sur le meurtre était une autre raison de secret. Si un art martial tombait dans les mains d’une personne peu scrupuleuse, elle risquait de tuer beaucoup d’innocents avant d’être stoppée. L’idée que le bien et le bon droit prévalent n’a pas été vérifiée par l’histoire. Souvent les méchants l’ont emporté. Quel rapport avec Bruce Lee direz-vous ? On retrouve en partie cette idée dans son enseignement. Pour avoir une chance de s’en sortir contre un véritable tueur, il faut développer le potentiel d’être un tueur, ou il faut développer les techniques de Bruce Lee. Il n’est pas suffisant de savoir qu’une personne peut frapper avec une force telle qu’elle puisse tuer. Cette personne doit acquérir cette force en même temps la discipline de ne pas l’utiliser, à moins que ce ne soit vital.

Comment arriver à ce résultat ? Etudiez les gens ete les situations, la façon dont les combats débutent, les lieux où ils se déroulent généralement et quelle sorte de personne les déclenche. Une fois que l’on a appris quelques unes de ces notions, on commence à pressentir les difficultés longtemps avant la personne moyenne, et l’on sort du chemin. Vous devez vous détourner des scènes de cinéma et apprendre à appréhender tous les combats comme des situations de menace de mort. Si ce n’est pas une situation sérieuse, vous ne parviendrez pas à vous sentir impliqué. Par contre, si vous y parvenez, vous saurez utiliser tous les moyens pour l’emporter parce qu’il en va de votre vie. A moins que vous ne soyez très expérimenté, vous ne pouvez pas riposter avec hésitation et néanmoins l’emporter. La plupart d’entre nous ne possède même pas cette adresse, et il n’est guère vraisemblable que nous puissions l’acquérir, c’est pourquoi nous devons faire de notre mieux avec ce que nous avons.

La réalité physique du Jeet Kune Do de Bruce Lee n’est pas quelque chose que l’on comprit de son vivant. Avant sa mort, il avait fermé toutes ses écoles, un acte qui semblait suggérer qu’il n’était pas satisfait du développement que connaissait son art. Si Bruce avait survécu, il est peu probable que son art se soit répandu comme il l’est aujourd’hui. Après sa mort, son art – ou tout du moins ce qu’il avait enseigné de son art – fut remis en vogue et enseigné à travers le monde. Le problème de cette résurrection, c’est que l’on présenta seulement la partie visible de la pratique de Bruce, pas la base, toutes les premières étapes de son évolution qui le menèrent à son niveau ultérieur. La vérité est que la méthode de Bruce ne peut donner des résultats probants que si vous avez à la base des prédispositions physiques. Pour la plupart, ses derniers étudiants venaient d’autres arts martiaux et ils avaient déjà une certaine expérience des techniques de poings et de pieds. La première chose que faisait Bruce Lee consistait à leur apprendre à mieux utiliser la puissance et la rapidité qu’ils avaient déjà acquises. Il est facile de voir l’étendue de l’art de Bruce, et ses techniques sont très efficaces, mais à la seule condition que vous avez des bases solides sur lesquelles vous pourrez les développer. De la même manière, Arnold Schwarzenegger peut vous conseiller un moyen très efficace de développer votre corps, tiré de sa propre expérience, mais vous aurez encore à soulever des poids et effectuer des exercices de résistance si vous voulez progresser. Il en va de même pour la technique de Bruce. Elle requiert soit un travail physique vertigineux, soit la progression de réflexes exceptionnellement bons. Ce qui est réellement troublant dans le cas de Bruce Lee, c’est qu’il était étonnamment en avance sur son temps lorsqu’il énonça ses théories à la fin des années 60 et au début des années 70. Le problème est que les temps changent, et les situations aussi. Lorsque Bruce commença à parler du déclin des arts martiaux, il parlait d’un point de vue très limité. Il avait rencontré de grands experts en arts martiaux des Etats-Unis, des gens qui étaient certes compétents mais pas forcément les meilleurs de l’époque. Il y avait beaucoup d’experts très compétents dans le monde, mais Bruce n’avait pas facilement accès à eux. Mais il était en relation avec Nishiyama. J’étais là, avec un ami, John Jackson, lorsque Bruce fit sa connaissance lors d’une démonstration. On pouvait percevoir une interrogation dans la façon dont Bruce observait se déplacer Nishiyama. Il le regardait comme quelqu’un qui reste debout devant un maître, une position à laquelle Bruce prétendait, mais qu’il n’avait pas encore atteinte. Je réalisais alors que si Bruce Lee avait combattu face à Nishiyama de la même façon qu’il avait combattu un karatéka dans un combat précédent que j’avais arbitré, il aurait probablement perdu.

Les personnes qui ne sont pas dotées de qualités physiques exceptionnelles ne peuvent pas pratiquer simplement les techniques de Bruce Lee et espérer être compétitives face à d’autres pratiquants dotés de meilleures qualités physiques. Cela est impossible ».

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3. Bruce Lee par Linda

Linda Lee et Bruce Lee « Connaissez-vous Bruce Lee ? Si j’avais dit: « Savez-vous qui est Bruce Lee ? », presque chaque homme, femme et enfant de Hong Kong et du Sud-est asiatique, et beaucoup de gens du reste du monde, auraient immédiatement répondu: « Bruce Lee est un acteur de cinéma qui a beaucoup d’argent, une grande maison, de splendides voitures, qui est terriblement élégant, et peut accomplir des exploits physiques qui étonnent et enthousiasment les adeptes du cinéma encore et toujours ». Mais connaissez-vous réellement Bruce Lee ?

J’ai été mariée avec lui pendant presque neuf ans. J’ai été plus proche de lui que quiconque durant toute cette période, et néanmoins je dois dire que je ne connais pas Bruce Lee complètement. Mais sans doute le connaissais-je mieux que beaucoup, et j’aimerais jeter quelques lumières sur cette question. Qui est Bruce Lee ? Quand, pour la première fois, j’ai décidé d’écrire cet article sur mon mari, j’ai pensé qu’il serait difficile de la décrire en peu de lignes, mais je réalise cependant que c’est en fait une tâche simple, car Bruce Lee est un homme simple. Il est un homme simple car il sait naturellement ce qu’il veut et il fait en sorte d’y parvenir sans détour et honnêtement. Il ne fait pas de compromission, et choisit le chemin le plus direct. Il ne joue pas avec les gens, ne se laisse pas tenter par des affaires fantastiques, des offres d’argent ou de gloire. Il sait simplement ce qu’il veut, et avec beaucoup de soin il fait en sorte d’y parvenir ? C’est parce que Bruce Lee se connaît parfaitement, mais cela n’a pas été une tâche aisée. Ca ne s’est pas fait en un jour, ça lui a demandé plusieurs années, et c’est d’ailleurs un processus constamment perfectible. C’est pourquoi je ne peux jamais dire que je connais tout sur cet homme qui découvre, change et agrandit chaque jour son horizon. C’est un individu avec qui il est extrêmement exaltant de vivre. J’aimerais vous dire comment Bruce, au moins pendant les dix années que je l’ai connu, s’est transformé pour devenir l’homme qu’il est maintenant, tout en étant le même homme que j’ai épousé il y a des années. Je vous parlerai de Bruce aussi objectivement que possible, aussi le connaîtrez-vous mieux et, comme moi, le considérez-vous comme un homme extraordinaire. Quand je l’ai rencontré pour la première fois, nous étions tous deux étudiants. Nous nous amusions beaucoup, avions peu de soucis, ne pensions pas beaucoup au futur. Il enseignait à un petit groupe la pratique des arts martiaux et cela plaisait aux gens de son entourage. Au fur et à mesure de nos relations, nos projets pour le futur se précisèrent, et nous décidâmes de nous marier. Je ne pouvais pas penser à l’époque que ce serait la chose la meilleure et la plus importante qui puisse m’arriver. Je ne pouvais pas prévoir alors que partager sa vie serait aussi enrichissant. Pour Bruce, le fait de prendre femme et d’avoir un enfant lui apportait des responsabilités accrues, et dès cet instant sa vie semble avoir été plus compliquée. Le premier objectif était de trouver un travail pour assurer les moyens d’existence de la famille. Mais, malgré tout, Bruce n’était jamais content de sa simple existence. Il y avait autre chose: ses rêves. Il l’ignorait à l’époque, mais ses rêves commençaient à ressembler à la réalité. Son instinct prémonitoire commençait à influer sur son futur.

Pendant les années où il n’était pas riche, mais heureux, il a beaucoup étudié, il a pratiqué les arts martiaux intensément, il rêva, et ses ambitions se précisèrent. De difficile qu’elle était, sa vie se simplifiait. Après l’époque de la série télévisée « Le Frelon Vert » qui le révélait au public, avec un avant-goût d’aisance et une réputation solide d’expert d’arts martiaux, il eut été facile de battre le fer pendant qu’il était chaud et de créer une vaste chaîne nationale d’écoles de kung fu. Aux États-Unis, les arts martiaux venus d’Orient sont des affaires rentables, et il eut été facile pour Bruce de gagner beaucoup d’argent et avoir une vie de luxe. Mais, à cette époque, ses rêves touchaient à leur but et une chaîne d’écoles d’arts martiaux n’était pas dans ses plans. Ses amis et ses relations insistèrent pour qu’il le fasse, qu’il saisisse cette occasion mais Bruce ne cherchait pas à saisir les occasions, il les provoquait. Ses années de pratique avaient développé en lui un intérêt intense pour les arts martiaux, et il ne pouvait pas sacrifier son art pour un enseignement de masse, où il ne pourrait contrôler la qualité. Ce concept de qualité a une grande signification pour Bruce. Qu’il s’agisse d’une action simple ou d’une décision importante, tout ce qu’il fait reflète la qualité.

Les six années qui suivirent ne furent pas faciles, il était souvent déprimé et découragé. Pour un festin, il y avait beaucoup de jours de famine. Mais le but était atteint, il ne voulait pas revenir en arrière, quoiqu’à tout moment il lui aurait été facile de se servir de sa célébrité dans le domaine des arts martiaux. Il avait le courage de ses idées (que beaucoup ont), mais aussi le courage de les mener à bien (qualité rare). Même pendant ces années où il ne semble pas qu’il ait été récompensé de ses efforts, il se soumit lui-même à un travail constant d’amélioration. Il ne lui suffisait pas d’effleurer les choses, il les faisait en profondeur, s’entraînant quotidiennement, étudiant la physiologie humaine, et toutes les sortes de combat occidental, oriental, ancien et moderne, s’imprégnant des philosophies des diverses cultures, étudiant les méthodes des cinéastes dans le monde, et de toutes ses observations conservant ce qui lui convenait et rejetant le reste. Cette faculté instinctive d’appréciation lui permettait d’apprendre et de retenir quelque chose de toute situation qu’il s’agisse d’une réunion avec un acteur américain célèbre ou d’un moment passé avec un garçon de restaurant. Il a consigné ses réflexions et s’écrivait des notes d’encouragement pour conserver un état d’esprit positif. Il avait écrit sur les murs un de ses principes: « marche! » et il l’appliqua exactement. Il a surmonté ses mauvais moments parce qu’il avait cette aptitude à subir, et il savait que pour atteindre le succès il lui fallait fournir un dur travail. Mais Bruce ne pouvait pas n’être qu’un penseur, il devait être un acteur. Aux États-Unis, il avait vu beaucoup de film chinois récents, il savait qu’il pouvait être meilleur et il se voyait capable de le faire. Puis il y eut « Big Boss » et « La Fureur de Vaincre » qui sont entrés dans l’histoire. Son désir constant de s’améliorer a mené à « Opération Dragon » qu’il entreprit de réaliser lui-même, d’écrire le scénario et d’interpréter le rôle principal. Avec un engagement extraordinaire et l’énergie de dix personnes, il s’est attaché avec patience à chaque détail du film, portant son attention dans tous les domaines, depuis la décoration jusqu’au doublage du son, en passant par le choix de la musique. Il joua même d’un instrument pour la bande son ! Les résultats ont été dignes de ses efforts. La première fois que j’ai vu « Opération Dragon », j’ai été étonnée qu’il soit capable de tant de talent et d’imagination pour produire ce film de qualité, particulièrement lors de sa première expérience de réalisateur. Et ses ressources intérieures sont si riches qu’elles ne peuvent qu’engendrer des choses plus positives à l’avenir.

Il ne cherche pas à être plus connu ou plus riche, mais à être apprécié et à accroître le goût du public. Je pense que c’était le destin de Bruce de devenir producteur, parce qu’il est capable d’observer les gens avec honnêteté et de l’exprimer avec justesse à l’écran. Avec en plus cette rare qualité que l’on appelle le charisme et qu’il est difficile de traduire en chinois. Le charisme est une force de concentration qui s’échappe de l’écran et envoûte le public. Une relation personnelle s’établit immédiatement. Une force de personnalité qui suscite une attraction immédiate. Et, par-dessus tout, une grâce intense. Bruce est conscient constamment des émotions qui l’entourent et qui sont en lui. Il découvre de nouvelles choses à chaque instant de la journée. Oui, Bruce a réussi. Ses rêves sont devenus réalité. Il n’a jamais pu arrêter sa quête constante. Il pourrait faire vingt films d’affilée et signer un contrat de 10 millions de dollars, et ceci sereinement. Mais il ne le fera pas. Dans chaque film, il mettra son cœur et son âme. Vous ne pourrez voir qu’un ou deux films de Bruce Lee par an, mais vous vous en souviendrez.

Pendant combien de temps peut-il continuer à utiliser cette énorme source d’énergie ? Jusqu’où pourra-t-il la répandre ? Je ne vois aucune limite.

De ma relation très proche avec lui toutes ces années, et ma connaissance de sa manière de travailler, je pense que Bruce Lee apportera une énorme contribution à la production cinématographique et trouvera une place de choix dans les cœurs et les esprits des générations futures. Et ce n’est qu’un début… »

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4. Bruce Lee par Chuck Norris

Chuck Norris et Bruce Lee Chuck Norris est sept fois champion du monde de karaté. C’était un ami de Bruce Lee, qui l’avait choisi comme adversaire pour combat final, désormais classique de la « Fureur du Dragon »

« J’ai rencontré Bruce pour la première fois a New York en 1967, lorsque j’ai dû affronter Joe Lewis pour le championnat inter-Amériques de karaté. Bruce était là en tant qu’invité pour le spectacle. Quand j’ai eu gagné, je me suis approché de lui et je me suis présenté. Nous avons commencé à parler et à la fin de la journée, vers onze heures du soir, nous avons découvert que nous étions descendus dans le même hôtel.

Nous somme donc rentrés ensemble, nous nous somme installés dans sa chambre et, jusqu’à sept heures du matin, n’avons cessé de parler de philosophies et techniques de combat. Pendant huit heures, nous nous somme dit tout ce qu’il était possible sur la question. C’est une des raison qui font que j’ai vraiment connu Bruce en tant qu’artiste en arts martiaux. Avant cette nuit-là, je ne connaissais pas Bruce, et, selon mon habitude, me refusais à porter un jugement sur quelqu’un que je connaissais pas. On m’avait dit qu’il était très sur de lui et qu’il méprisait les techniques autres que la sienne, mais il s’est montré tout de suite très amical avec moi. Il n’a essayé ni de me convaincre qu’il était le meilleur, ni que les autres ne valaient rien.

Il m’a simplement donné son opinion et cela m’a permis de comprendre que pour ce qui concernait les arts de combat, Bruce Lee savait véritablement de quoi il parlait. Les huit heures que j’ai passées avec lui m’ont paru durer tout au plus vingt minutes : le moins qu’on puisse dire est que, physiquement aussi bien qu’intellectuellement, Bruce Lee était quelqu’un d’intéressant à connaître. A l’époque, il ne croyait guère encore au « coup de pied en hauteur ». Il pratiquait énormément le « coup de pied », certes, mais le maintenant généralement en dessous de la ceinture. Je lui ai donc expliqué ma philosophie de la chose, c’est-à-dire qu’un combattant doit être capable de donner un coup de pied n’importe où, aussi bien en l’air qu’au sol.

Quand je suis revenu à Los Angeles, Bruce et moi avons commencé à travailler ensemble chez lui. Je me suis même mis à étudier son style chinois et lui même s’est penché sur cette histoire de « coup de pied ». Une fois j’étais dans son garage, il a pris son mannequin (de la taille d’un homme) et ma dit : « Balance-lui un coup de pied. Dans la tête » J’ai répondu : « Eh bien, je sais pas trop, mes pantalons sont plutôt étroits » (C’était avant de les faire renforcer exprès). Mais Bruce a insisté et j’ai donné un coup de pied dans la tête du mannequin. Bien entendu, mes pantalon se sont ouverts en deux et sont tombés sur le sol. Juste comme je les relevais, Linda est entrée dans la pièce et j’ai dû rentrez chez moi en utilisant mes mains comme ceinture.

Je n’ai plus porté que des vêtement renforcés depuis. Bruce était un garçon à « l’ego » très affirmé. Il était tellement sûr de ses capacités et de ses connaissances qu’il les imposait aux autres en quelque sorte et que cela ne plaisait pas toujours. Les gens n’aiment guère écouter quelqu’un leur expliquer à quel point il est bon, et Bruce faisait régulièrement cela. Pour moi, cela ne me gênait pas : ce n’était qu’une partie de sa personnalité. Que cela soit vrai ou non, je pense que Bruce, qui était petit, avait décidé un jour de devenir, relativement à sa taille, l’homme le plus fort du monde. Et je pense qu’il y avait réussi. Par ailleurs, il n’était pas des plus simples à vivre. Mais il était littéralement affamé de connaissances et se révélait quelqu’un de très créateur.

Il avait une espèce de génie consistant à toujours mette en pratique des idées nouvelles, et c’est ce qui me stupéfiait le plus chez lui : l’invention permanente. Quand il se mettait à travailler sur un appareil quelconque, vous pouviez être sûr qu’il ne s’arrêterait pas avant d’être devenu un spécialiste de la technique correspondante. Il n’abandonnait un domaine qu’après y être devenu un connaisseur éprouvé. Chez lui, le style était véritablement l’homme. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui entraîne son corps avec autant de fanatisme que lui. Il ne vivait que pour cela, de son réveil à six heures du matin à son coucher à minuit. Soit il s’entraînait, soit il réfléchissait à son entraînement, et son esprit n’était littéralement jamais en repos. Il était toujours en train de rechercher des exercices nouveaux et, pour cela, il était toujours en train de réfléchir.

C’est par son rôle de « Kato », dans « Green Hornet », qu’il a été à l’origine de l’explosion actuelle de popularité des arts martiaux. Il est désolant qu’un artiste de sa trempe ait dû disparaître aussi jeune, mais je pense qu’en un temps limité il a réalisé plus de choses que la plupart des gens n’en font en soixante-dix ou quatre-vingts ans. En ce sens, je ne pense pas que son temps a été trop court, parce qu’il a réussi tout ce qu’il voulait réussir et qu’une vie ne se juge pas à sa longueur mais à ce qu’elle a permis d’accomplir. Je suis certain que Bruce a atteint le but qu’il s’était fixer : il est devenu un acteur célèbre et il s’est fait saluer de tous pour sa supériorité dans le domaine des arts martiaux. En conséquence, sa vie a été une réussite. »

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5. Bruce Lee par Jackie Chan

Bruce Lee et Jackie Chan J’ai passé des années à maudire Bruce Lee tout en l’admirant passionnément. La Golden Harvest, firme pour laquelle je travaille toujours aujourd’hui, était catastrophée à la mort de sa star la plus célèbre. Ils n’avaient qu’une idée en tête: trouver un digne successeur à Bruce Lee. Quand j’ai commencé à faire des films en vedette, ils écrivaient: « Jackie Chan, le nouveau Bruce Lee  » sur les affiches et sur les frontons des cinémas. Je détestais ça! Certes, j’adorais les films de Bruce Lee, mais je voulais avant tout être moi-même, pas un’ piètre second couteau qui imite pâlement le maître !

J’ai lutté contre ce phénomène pendant longtemps avant d’être aimé pour mes propres capacités. Je crois que c’est mon goût pour l’humour et la comédie qui m’ont tiré d’affaire. Il faut comprendre que Bruce Lee est un véritable héros pour les Chinois. Ce petit homme solitaire qui mettait des raclées aux cruels Japonais, ça faisait hurler les salles de plaisir ! J’ai décidé de jouer sur un autre registre. Là où Bruce Lee se mettait en valeur par sa force et son aspect invincible, j’ai mis au point un personnage vulnérable qui se fait régulièrement mal en combattant et qui n’a rien d’un surhomme. C’est peut-être moins glorieux, mais les spectateurs s’identifient ainsi à moi et je crois que c’est ce qui fait qu’ils apprécient mes films.

Il m’avait prédit une longue carrière et envisageait même que nous fassions un film ensemble! Je n’en revenais pas: moi, petit cascadeur anonyme, attirer l’attention du grand Bruce Lee ? Il a, hélas, disparu avant d’avoir pu mener ce projet à bien. Et surtout, ne me question- nez pas sur la cause de sa mort! Je ne sais qu’une seule chose: ce n’est pas moi qui l’ai tué !

C’était un très grand artiste martial, aucun doute là-dessus. Mais, surtout, il est la seule vedette asiatique à avoir fait un triomphe dans le monde entier et ça, c’est vraiment exceptionnel !

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6. Bruce Lee par Van Damme

Jean Claude Van Damme J’ai toujours eu une grande admiration pour lui. J’ai regardé ses combats des centaines de fois pour essayer de comprendre comment ils fonctionnaient. Je crois qu’il a inspiré toutes les stars de films d’action: c’est un peu notre père à tous..

Il a un charisme incroyable que personne n’a encore égalé. Son sens de la chorégraphie était également étonnant. Il savait jouer avec l’objectif, ce qui lui permettait de mettre en valeur ses moindres mouvements. Le spectateur sent ces choses sans pouvoir vraiment les expliquer. C’est ce qui fait que le monde entier a accroché au style Bruce Lee: sa grâce et sa maîtrise sur l’écran sont absolument prodigieuses !

J’aurais adoré tourner avec lui. Je suis certain qu’on se serait bien entendu parce que je suis aussi un perfectionniste qui adore le cinéma. On aurait formé un duo superbe s’il avait vécu assez longtemps pour ça… J’espère d’ailleurs pouvoir lui rendre un jour l’hommage qu’il mérite.

Personne n’est encore parvenu à rivaliser avec lui personne n’a atteint cette classe, ni à ce statut d’idole. Je pense que le fait qu’il soit mort jeune a aussi contribué à sa légende. C’est un peu comme Marilyn ou James Dean: on raconte des histoires délirantes, on parle de la Mafia, on invente des trucs déments pour expliquer son décès et, du coup, on ne l’oublie pas. Les gens adorent ce genre de choses et, en plus, quand ils se retapent ses films, ils ne sont pas déçus parce que les combats cartonnent toujours autant. Je dois avouer que je suis fasciné par Bruce Lee et que j’aimerais bien arriver un jour à son niveau de succès, mais je ne suis pas du tout prêt à mourir à 33 ans pour ça !

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7. Bruce Lee par Jim Kelly

Jim Kelly Plusieurs fois champion de karaté depuis 1971, Jim Kelly a joué dans « Opération Dragon », pendant le tournage duquel il est devenu l’ami de Bruce Lee. Il semble être le « successeur » le plus doué de Bruce Lee au cinéma( » Ceinture Noire », et « Les 3 Fauves de Harlem » ont été présentés au Hollywood Boulevard).

« J’ai entendu parler pour la première fois de Bruce Lee à l’époque où il tournait dans le feuilleton de télévision « Green Hornet ».Tout le monde en parlait alors, mais je n’ai jamais réussi à le voir. Avant de rencontrer Bruce, de toute façon, j’avais déjà entendu parler de lui, soit par des gens qui le connaissaient, soit à travers ses articles parus dans « Black Belt ». Je savais à quel point il était « bon ». Et Bruce Lee par-ci et Bruce Lee par-là ! A tel pointn que je me suis dit : « Bon Dieu, si ce gars-là est à moitié aussi mauvais que raconte ces gens, il doit être vraiment mauvais ! » Et puis je l’ai vu dans un film qui s’appelait « Marlowe », et il m’a beaucoup impressionné. Il était très détendu, calme.

C’est cette image, cette idée de lui que j’avais donc au moment où je le rencontrai. Et quand je l’ai rencontré, il s’est passé la chose suivante. J’arrivais à Hong-Kong pour jouer dans « Opération Dragon », et il m’a fait appeler pour que nous dînions ensemble et parlions de diverse choses. Et je me disais : « Voilà Bruce Lee la Superstar. Un homme véritable. Un gentleman authentique. » J’aurais pu parler avec lui toute la nuit et tout le jour durant. Il parlait surtout de lui, bien sûr, mais il avait tellement de chose à dire ! C’était un peu comme d’écouter Muhammad Ali raconter ses souvenirs…

Bruce était de ce genre d’homme qui doivent sans arrêt être en train de faire quelque chose, de se consacrer à quelque chose. Il ne savait pas rester tranquille. Il devait bouger ou, au moins, parler. Alors il parlait de lui. Et ce qu’il disait était toujours intéressant, toujours profond. Pour moi Bruce Lee était comme Muhammad Ali. Même type de caractère. Je lui ai montré une fois, d’ailleur, un article consacré à Muhammad, il s’est assis et il s’est mis à le lire sans plus se soucier de moi. Et lors du combat de Joe Frazier, nous étions près du plateau où les gars s’échffaient, et Bruce restait plongé dans sa lecture des articles concernant le combat à venir. C’était le genre de gars qui, quand il voit quelque chose de bon, l’observe, l’étudie, puis tente d’en sortir quelque chose de personnel.

Quand j’ai commencé à travailler avec Bruce, il m’a enseigné quelques techniques. Nous nous entraînions sur plusieurs types de matériels. Ce que ce gars était lourd ! Ce que sa technique était dynamique ! Ce qu’il était puissant pour sa taille ! Un jour, il me dit ; « Jim, fais-moi un revers. » Je lui en fais un ou deux, et il remarque : « Tu as un revers plutôt rapide. Laisse-moi te montrer le mien. » Je me mets en position, il fait son revers, je le contre. Il dit alors : « Tu as bloqué mon revers ! Personne n’a jamais bloqué mon revers ! » Il disait ça en riant, vous savez il n’était pas sérieux. De petites choses comme celles-ci s’ajoutèrent ainsi peu à peu aux autres.

Et j’en vins à bien connaître Bruce Lee. Je développai en même temps, pour lui, le plus grand respect. Rien que pendant le court temps que je passai à Hong Kong, nous devînmes des amis très proches, presque plus que des frères. Pendant les répétition nécessitées par « Opération Dragon », il me donna également l’occasion de l’admirer en tant qu’artiste en arts martiaux. Il ne me disais jamais : « Jim, voici ce que tu dois faire. Ceci et pas autre chose ! » Avant les scènes, il me disait : « Jim. J’aimerais que tu fasses ce que tu as été conseilleur technique pour le film « Melinda », aussi j’ai confiance en ton art. Je te donnerais toute l’aide dont tu auras besoin, mais si tu veux monter ta propre scène de combat, je te laisserais libre de faire à ta guise. »

C’est ainsi que j’ai moi-même monté la scène du combat dans le stade. Quand Bruce avait une idée, il disait toujours : « Hé Jim, qu’est-ce que tu penses de ça ? » Jamais : « Eh Jim, tu vas faire ça technique. » J’ai donc pu faire changer quelques petites choses au combat dont je parle, afin de m’y sentir plus à l’aise. A plusieurs reprises pendant le tournage, Bruce et moi nous sommes éloignés sur le coté pour bavarder. Une fois, je lui dis : « Bruce, j’ai le plus grand respect pour ce que tu as fait, aussi bien pour toi-même, en te réalisant, que pour ton peuple, en lui donnant une image dont il puisse être fier. Dans un coin comme ici, il doit bien en avoir besoin. Ce que tu as fait pour toi et les tiens est remarquable. » J’étais très sérieux, Bruce le sentit, et il me dit : « Jim, sais tu ce que je souhaite ? Que tu réussisses la même chose pour toi et pour ton peuple… »

Je pense qu’il a été plus difficile pour Bruce que pour moi de se faire sa place dans le monde du cinéma car , au moment où il s’y est essayé, deux ans plus tôt, il était un pionnier qui devait entièrement se défricher sa voie. De plus, il est Chinois et je ne connais aucune superstar chinoise aux Etats-Unis. Aussi fut-il le numéro un, le premier à réussir. Moi j’avais déjà du monde derrière moi : Jim Brown, Sydney Poitier, etc. Ils avaient tracé le sentier, ouvert quelques portes. Bruce n’avais personne pour lui ouvrir ou lui faciliter quoi que ce soit. Aujourd’hui, les choses ne sont pas encore faciles mais elles sont cent fois plus qu’à l’époque de Bruce Lee. En tant qu’acteur oriental, il a été le premier à poser le pied sur le sol américain. Aussi cela a-t-il dû lui faire le plus grand bien que d’avoir l’occasion de retourner en Orient, de s’y établir et d’y réussir ce qu’il a réussi. S’il avait vécu, il serait sans aucun doute une superstar ici même. Il l’est d’ailleurs.

Des milliers de gens qui ne l’ont jamais connu ont beaucoup d’admiration pour lui, surtout dans la population noire. « Bruce Lee est mon idole », disent-ils après avoir vu au maximum deux de ses films. Aussi ne doutai-je pas qu’il aurait réussi à atteindre le million de dollars par film. Un gars qui est propriétaire d’un club de karaté est venu une fois me voir dans le mien et m’a demandé : « Eh Jim, qu’est-ce que vaut réellement Bruce Lee ? » J’ai répondu : « Mon vieux vous êtes dans les affaires qui touchent aux sport martiaux. Vous êtes donc sensé vous y connaître. Vous pouvez très bien voir par vous-même la valeur de Bruce Lee ».

Il reprit : « C’est que beaucoup de gens que je connais affirment qu’il n’est pas si bon que ça. Il n’est bon qu’à l’écran. » Ainsi, les gens sont vraiment jaloux et envieux. Et il faut avoir un caractère aussi bien trempé que celui de Bruce pour oublier ce genre de choses et ce genre de gens. Mais je crois vraiment que, sur le fond, les écoles de karaté se réjouissent du succès de Bruce Lee et de ce qu’il apporte aux arts martiaux : chaque nouveau film de lui fait bondir brusquement le nombre de leurs adhérents. Bruce et moi nous ressemblions son espace, beaucoup, au moins sur une chose. Nous avons tous deux su trouver ce que nous voulions faire, et nous l’avions fait. J’avais, par exemple, mon idée sur une utilisation non orthodoxe des techniques du karaté et leur répartition en « blocage », « punching », « danse » et « travail des pieds ».

J’y pensais déjà lorsque j’ai obtenu ma ceinture noire, et je me suis mis alors à essayer de comprendre ce qui se passait. Je me suis dit : « Tu vas te mettre à étudier la façon dont Muhammad Ali utilise son espace, observer son travail de jambes, reproduire son travail de pieds, étudier tous ses mouvement… Puis tu t’occuperas d’autres types de combattants et de combats. Enfin, tu combineras le tout pour faire une chose strictement personnelle » Et j’ajouterais : « Tu es peut-être fou de vouloir faire cela, car tu sembles bien être le seul « Je me trompais : il y avais aussi Bruce Lee. Ainsi pendant « Opération Dragon », nous asseyions-nous pour bavarder pendant trois ou quatre heures d’affilée.

Nous étions au même niveau et pouvions parfaitement nous comprendre, parce que chacun comprenait la façon de penser de l’autre. C’était comme quand vous avez envie de faire quelque chose et que plus rien ne vous en empêche. Tout ce que vous avez alors à faire est de fixer le but et de trouver les marches à grimper pour l’atteindre. Et vous pouvez le faire, que vous soyiez noir, blanc, jaune ou autre. C’était ce que je pensait de Bruce. C’était ce que je pensais aussi. »

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8. Bruce Lee par Steve Mc Queen

Steve Mc Queen Steve Mc Queen a également pris des leçons de Jeet Kune Do auprès de Bruce Lee.

« J’ai rencontré Bruce Lee à Los Angeles en 1968 ou 1969. Je ne suis aucunement concerné par les arts martiaux. Je ne suis pas un expert, ni rien de la sorte. Bruce étais avant tout un ami personnel, et je l’ai pas mal soutenu. Parfois, quand je me sentais mal, le téléphone sonnait et c’était Bruce. Je ne savais pas pourquoi il appelais, il disait simplement : « J’ai pensé que je devais t’appeler. »

Je considérais Bruce comme un véritable philosophe en ce qui concerne la vie quotidienne et j’étais très intéressé pas son approche et sa conception des arts martiaux. Il était sans cesse à la recherche de lui-même. Son conseil favori était : « Apprenez à vous connaître. » Apprenez à vous connaître, bien sûr, à travers les arts martiaux, qui ne sont qu’une extension de vous-même. Mais Bruce se recherchait aussi à travers sa vie de tous les jour, et son intelligence lui étais venue de cette recherche. Nous avions tous deux, de longue discussion à ce sujet.

Ce que vous faites dans la vie n’a aucune importance, tant que vous n’êtes pas capable de vous connaître, car alors seulement vous devenez capable d’apprécier réellement quelque chose. Se connaître soi-même est, pour moi, la marque d’un esprit évolué. Je n’aime pas les éloges funèbres. Mais quand un ami cher s’en va, il faut lui dire au revoir et essayer de rendre les choses plus faciles à ceux qui l’ont connu. J’aimais beaucoup Bruce. C’était un garçon vraiment formidable. »

Lettre de Steve Mc Queen à Bruce Lee :

« Je te souhaite la meilleur chance ; tu es un « grand », maintenant, aussi, veille à garder les pieds sur terre. (…) Ton frère, Steve. »

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